Regards croisés de l’océan Indien et d’ailleurs
Dans le cadre d’Ambition Planète 2026, plusieurs intervenants sont invités à partager leurs expériences et leurs regards sur les conséquences humaines et sociales des crises climatiques et environnementales, ainsi que sur les réponses développées dans leurs territoires.
Mercredi 4 novembre
RODRIGUES
Benoît Jolicoeur
10h30 – 11h10
Développement territorial • Tourisme durable • Coopération régionale
L’implication de la communauté villageoise dans les enjeux environnementaux
Benoît Jolicoeur a consacré une part importante de son parcours au développement de Rodrigues. Après plusieurs années d’engagement dans la vie publique, il exerce notamment les fonctions de ministre de Rodrigues et contribue à porter des enjeux liés au développement des infrastructures et à la reconnaissance des spécificités de l’île. À l’issue de son engagement politique, il choisit de poursuivre son action au plus près du territoire et de ses habitants.
En 2001, il crée avec son épouse Antoinette la Résidence Foulsafat, parmi les initiatives pionnières du tourisme chez l’habitant à Rodrigues. Depuis vingt-cinq ans, il défend un modèle de tourisme à taille humaine, fondé sur l’authenticité, la culture locale, la valorisation des savoir-faire et la préservation des ressources naturelles. Il porte également une vision de la coopération régionale construite à partir des échanges entre les îles de l’océan Indien et plaide pour un développement qui associe pleinement les habitants à l’avenir de leur territoire.
MADAGASCAR
Mbolatiana « Mbo » Raveloarimisa
11h10 – 11h50
GEDSI • SBCC • Droits humains • Médias, paix et sécurité
Mbolatiana « Mbo » Raveloarimisa, géographe de formation, titulaire d’un Master II en géographie du développement et d’un Master II en droits humains, évolue depuis près de dix-huit ans dans la conception et la gestion de programmes d’inclusion sociale, d’égalité de genre et de droits humains à Madagascar. Experte en égalité de genre, handicap et inclusion sociale (GEDSI) et en communication pour le changement social et comportemental (SBCC), elle a travaillé sur des projets de gouvernance, de participation citoyenne et de paix avec des organisations de la société civile et des partenaires internationaux.
Elle fonde en 2018 Nifin’Akanga, premier mouvement féministe malgache pour les droits reproductifs. Elle dirige également le Mouvement pour la différence, anciennement Autisme Madagascar, engagé pour le diagnostic, la prise en charge et l’inclusion des personnes autistes, neurodivergentes et en situation de handicap. Elle prendra en 2027 la présidence du Pôle autisme Océan Indien. Elle coordonne par ailleurs la Coalition des Radios pour la paix à Madagascar, qui fédère plus de 125 radios locales, confessionnelles, privées et étatiques, couvrant l’ensemble du territoire malgache.
Autrice de « 3 000 femmes. L’avortement clandestin à Madagascar » (septembre 2026) et de « Tsy irery ianao : Tu n’es pas seul.e » (novembre 2026), elle a été reconnue en 2023 par les Nations Unies et le MIPAD parmi les 100 personnalités les plus influentes de la diaspora africaine, et faite Chevalier de l’Ordre national du Mérite français en 2025.
En 2001, il crée avec son épouse Antoinette la Résidence Foulsafat, parmi les initiatives pionnières du tourisme chez l’habitant à Rodrigues. Depuis vingt-cinq ans, il défend un modèle de tourisme à taille humaine, fondé sur l’authenticité, la culture locale, la valorisation des savoir-faire et la préservation des ressources naturelles. Il porte également une vision de la coopération régionale construite à partir des échanges entre les îles de l’océan Indien et plaide pour un développement qui associe pleinement les habitants à l’avenir de leur territoire.
COMORES
Dr Abdoul A. Oubeidillah
14h00 – 14h40
Ressources en eau • Risques naturels • Résilience climatique • Recherche et innovation
Trop d’eau, pas assez d’eau : qui est laissé derrière ?
Mettre les habitants au cœur de la prévention aux Comores
Aux Comores, la crise climatique se vit d’abord par l’eau : inondations soudaines en saison des pluies, pénuries en saison sèche. Ces deux extrêmes frappent en premier les familles les plus vulnérables. À partir de l’expérience de l’ONG DAYIMA (cartographie des risques par drone avec les villages, ateliers de co-construction, stations météo citoyennes dans les écoles primaires publiques), l’intervention montre comment faire des habitants des acteurs de la prévention, et non plus seulement des victimes.
Abdoul A. Oubeidillah est un ingénieur et chercheur comorien spécialisé dans les ressources en eau et le climat, l’hydrologie et la prévention des risques hydrométéorologiques extrêmes. Titulaire d’un doctorat en génie civil et environnemental de l’Université du Tennessee (États-Unis), il a été enseignant-chercheur (Assistant Professor) au Département de génie civil de l’University of Texas Rio Grande Valley. Ses travaux portent sur l’hydro-climatologie, la modélisation hydrologique, la prévision des inondations et les impacts du changement climatique sur les ressources en eau.
Scientifique associé au National Water Center de la NOAA, il a contribué au développement et à la mise en œuvre du National Water Model, premier modèle hydrologique opérationnel couvrant l’ensemble du territoire américain, conçu pour le suivi et la prévision des inondations.
Engagé sur les enjeux propres aux Comores, il est fondateur et président de l’ONG DAYIMA, qui intervient dans les domaines de la résilience climatique, de la gestion des ressources naturelles et de la réduction des risques de catastrophes. Il est également membre de l’Africa Science and Technology Advisory Group on Disaster Risk Reduction (Af-STAG – Groupe consultatif des sciences et technologies de l’Union africaine pour la réduction des risques de catastrophe), où il dirige le volet chargé de la formation et du renforcement des capacités. Aux Comores, ses travaux récents mobilisent les drones, la technologie LiDAR et les données géospatiales pour améliorer la cartographie des risques d’inondation et aider les communautés à mieux anticiper les catastrophes.
Son parcours associe expertise scientifique, innovation technologique et action de terrain au service de la résilience des territoires insulaires.
MAURICE
Rachèle Bhoyroo
14h40 – 15h20
Justice socio-environnementale • Plaidoyer • Mobilisation de la société civile
Faire entendre nos voix, faire évoluer nos lois :
pour les droits humains et les droits de la nature
À travers son engagement à Maurice, Rachèle Bhoyroo présentera comment la mobilisation citoyenne peut contribuer à faire évoluer les lois en faveur des droits humains et de la Nature. Elle évoquera notamment les démarches engagées pour inscrire les droits de la Nature dans la Constitution mauricienne, les mobilisations pour la protection du littoral, ainsi que la participation citoyenne aux évaluations d’impact environnemental et à la révision de la législation environnementale. Autant d’initiatives qui illustrent le rôle essentiel de la société civile dans la construction d’une justice sociale et environnementale.
Rachèle Bhoyroo est responsable de la communication et du plaidoyer au sein d’Eco-Sud, organisation mauricienne engagée dans la protection de l’environnement et de la biodiversité, la justice environnementale et l’implication des communautés. Son travail se situe à l’interface entre sensibilisation, mobilisation citoyenne et plaidoyer, avec une attention particulière portée aux populations les plus exposées aux effets des crises climatiques et environnementales.
Elle est notamment très impliquée dans le réseau Mycélium, lancé par Eco-Sud afin de créer des passerelles entre les enjeux sociaux et environnementaux. Ce réseau réunit des associations actives dans des domaines aussi variés que la santé, l’éducation, l’inclusion, les droits humains ou le développement communautaire, avec l’objectif de mieux comprendre comment les crises environnementales aggravent les vulnérabilités et les inégalités, et de construire des réponses collectives adaptées aux réalités du terrain.
SAINT-PIERRE-ET-MIQUELON
Représentants de Miquelon
15h20 – 16h15 · en visioconférence
Changement climatique et relocalisation des populations • Adaptation des territoires insulaires • Conséquences humaines et sociales • Résilience des communautés • Préservation de l’identité culturelle
Miquelon face au changement climatique :
quand les habitants réinventent l’avenir de leur île
Jeudi 5 novembre
MAURICE
Lidesh Jungly
9h30 – 10h10
Protection du milieu marin • Résilience climatique • Jeunesse • Engagement communautaire
Des communautés insulaires actrices de la transition écologique :
le rôle de la jeunesse dans la protection des écosystèmes et la résilience climatique
Lidesh Jungly est officier de la Garde côtière nationale mauricienne, où il intervient depuis 2022 dans les domaines de la sécurité maritime, de la surveillance des eaux territoriales et de la protection de l’environnement marin. Son expérience lui donne une connaissance directe des enjeux auxquels sont confrontés les territoires insulaires : préservation des écosystèmes côtiers et marins, prévention des risques, lutte contre la pêche illicite et protection des ressources océaniques.
Parallèlement, il est fortement engagé dans la mobilisation de la jeunesse et l’action environnementale. Membre fondateur du Grand River South East Youth Circle, il préside depuis 2025 le comité consacré à la restauration des écosystèmes et à la résilience bleue et verte du chapitre mauricien du World Food Forum, et coordonne depuis 2026 des projets pour le hub mauricien de la Sustainable Ocean Alliance. Il participe notamment à des initiatives de restauration des écosystèmes côtiers, de protection des mangroves, de sensibilisation aux solutions fondées sur la nature et de mobilisation des jeunes en faveur de la résilience climatique.
MAURICE
Maria Victoire
10h10 – 10h50
Justice sociale et climatique • Lutte contre la pauvreté • Résilience des communautés • Mobilisation citoyenne
De quelle transition et adaptation parlons-nous lorsque les populations les plus vulnérables sont laissées de côté ?
Originaire de l’île Maurice, Maria Victoire est consultante en stratégie internationale depuis plus de 35 ans. Elle intervient principalement dans les domaines des droits humains, de la justice sociale et environnementale, ainsi que du développement communautaire.
Engagée au sein du Mouvement ATD Quart Monde depuis 1990, elle y a exercé diverses responsabilités en Côte d’Ivoire, à La Réunion, en France et aux États-Unis. En Louisiane, elle a notamment accompagné des familles victimes de l’ouragan Katrina (2005) afin d’assurer leur retour à La Nouvelle-Orléans et leur participation active à la reconstruction de leur communauté.
Elle a également coordonné, avec une cinquantaine de familles et de membres, l’ouvrage collectif « Not Meant to Live Like This » (Nous ne sommes pas faits pour vivre comme ça), qui rassemble leurs témoignages sur cette catastrophe et la résilience de leur communauté.
Utilisant la méthode du « Croisement des savoirs et des pratiques », elle a animé des programmes de formation destinés à des adultes et des jeunes militants engagés contre l’extrême pauvreté, notamment dans le cadre de campagnes de sensibilisation et de recherche-action participative sur les dimensions cachées de la pauvreté.
En tant que consultante en stratégie internationale, elle a mené en 2023 une vaste étude sur l’impact de l’exploitation des fonds marins dans l’océan Indien auprès de 1 500 pêcheurs issus des petites îles (Comores, La Réunion, Seychelles, Maurice, Rodrigues et Madagascar).
Elle est également cofondatrice d’une plateforme dédiée à la justice climatique et environnementale, réunissant les pays d’Afrique francophone.
